Salaire minimum en Suisse 2026 : les montants par canton

En bref
La Suisse n'a pas de salaire minimum national. Cinq cantons en fixent un par la loi : en 2026, le minimum est de CHF 24.59 de l'heure à Genève, 22.20 à Bâle-Ville, 21.40 dans le Jura, 21.35 à Neuchâtel et de 20.00 à 20.50 au Tessin, selon le secteur. La ville de Lucerne a le sien, à 22.75. Zurich et Winterthour en ont voté un, mais aucun des deux ne s'applique encore.
Tous ces montants sont bruts, c'est-à-dire avant déduction des cotisations sociales et des impôts. Ils fixent un plancher pour chaque heure travaillée, et ce sont les détails qui montrent si une offre d'emploi réelle le respecte. Prenons Marta, 26 ans, qui a travaillé en cuisine dans des restaurants de Porto mais n'a pas de diplôme suisse. Elle a deux offres pour un poste en cuisine, toutes deux à plein temps, 42 heures par semaine. Un hôtel de Genève lui propose CHF 4'000 par mois, versés 13 fois par an (un 13e salaire est courant en Suisse). Un restaurant de Lugano lui propose CHF 3'713 par mois, aussi 13 fois. L'une de ces offres est illégale, et ce n'est pas la plus basse. Nous suivrons Marta tout au long de l'article.
Les cantons qui ont un salaire minimum en 2026
En Suisse, les salaires minimaux fixés par la loi viennent des cantons et des villes. Un minimum national de CHF 22 de l'heure a été soumis au vote en mai 2014, et 76% des votants l'ont refusé. Cinq cantons et une ville ont aujourd'hui le leur, et chacun publie son montant sur une page officielle :
| Où | 2026, par heure, brut | 2025 | Page officielle |
|---|---|---|---|
| Genève | CHF 24.59 | CHF 24.48 | ge.ch |
| Ville de Lucerne | CHF 22.75 | aucun | stadtluzern.ch |
| Bâle-Ville | CHF 22.20 | CHF 22.00 | bs.ch |
| Jura | CHF 21.40 | CHF 21.40 | jura.ch |
| Neuchâtel | CHF 21.35 | CHF 21.31 | ne.ch |
| Tessin | CHF 20.00–20.50, selon le secteur | CHF 20.00–20.50 | ti.ch |
Si vous avez vu d'autres chiffres, ce sont surtout d'anciens montants. Les 21.31 de Neuchâtel étaient le montant de 2025. Les 21.00 de Bâle-Ville étaient le montant de départ en 2022. Les 19.50 du Tessin datent d'avant 2025, et le chiffre de 20.50, cité seul, n'est que le haut de la fourchette tessinoise. Certains tableaux indiquent aussi Zurich à 23.90 ou affirment que le Valais a accepté un minimum. Ni l'un ni l'autre n'est vrai pour l'instant, et nous expliquons pourquoi plus bas.

Partout ailleurs, y compris à Zurich, à Berne, dans le canton de Vaud et en Valais, il n'y a pas de salaire minimum général en 2026. Beaucoup de branches ont tout de même un plancher grâce à une convention collective, comme nous le verrons. Pour donner un ordre de grandeur, ces minimums sont bien en dessous des salaires suisses habituels. Le salaire médian à plein temps était de CHF 7'024 par mois en 2024, selon l'Office fédéral de la statistique.
Canton par canton
Chaque canton a écrit sa propre loi, et les différences changent ce qui vous est dû.
Genève : CHF 24.59, puis 24.73 dès janvier
Genève a le minimum cantonal le plus élevé : CHF 24.59 de l'heure depuis le 1er janvier 2026, contre 24.48 en 2025. Il est indexé, c'est-à-dire qu'il augmente chaque année avec les prix à la consommation à Genève, et le canton a déjà fixé CHF 24.73 pour 2027.

Deux règles comptent pour Marta. D'abord, la loi genevoise prévoit que son minimum remplace tout taux plus bas fixé dans un contrat de travail ou une convention collective. Une convention collective de travail (CCT, GAV en allemand) est un contrat entre syndicats et employeurs qui fixe les salaires et les horaires de toute une branche. Ensuite, si votre salaire est versé 13 fois par an, le taux horaire de base doit atteindre au moins CHF 22.70 en 2026, pour qu'avec le 13e salaire, la moyenne annuelle atteigne 24.59 de l'heure.
L'offre genevoise de Marta n'atteint pas ce seuil. Une semaine de 42 heures représente 182 heures par mois (42 × 52 ÷ 12). Ses CHF 4'000 divisés par 182 donnent 21.98 de l'heure, moins que 22.70. Pour être en règle, l'hôtel doit payer au moins CHF 4'131.40 par mois, 13 fois, soit CHF 1'708 de plus par an que son offre. L'inspection cantonale du travail, l'OCIRT, peut infliger à un employeur une amende allant jusqu'à CHF 30'000 et publie une liste des entreprises qui ne paient pas le minimum.
Bâle-Ville : CHF 22.20
Le minimum de Bâle-Ville est de CHF 22.20 de l'heure en 2026. Introduit en juillet 2022 à 21.00, il est indexé chaque année en janvier. Si vous êtes payé à l'heure, l'indemnité de vacances s'y ajoute, ce qui porte le total à CHF 24.14 de l'heure avec quatre semaines de vacances.
Le piège tient en une ligne de la page du canton : dans une branche couverte par une convention collective étendue, le minimum bâlois ne s'applique pas. « Étendue » signifie que le gouvernement a imposé la convention à tous les employeurs de la branche, qu'ils en soient membres ou non. Si Marta partait travailler dans un restaurant bâlois, les 22.20 du canton ne seraient donc pas son plancher : l'hôtellerie-restauration a sa propre convention, que nous verrons plus bas.
Neuchâtel : CHF 21.35
Neuchâtel a été le premier canton à avoir un salaire minimum, en 2017. Le montant 2026 est de CHF 21.35 de l'heure. Les 21.31 que vous verrez peut-être ailleurs étaient le montant de 2025, d'après le tableau des montants passés publié par le canton. Il est indexé chaque année sur les prix à la consommation en Suisse, et l'Office des relations et des conditions de travail (ORCT) vérifie que les employeurs le paient. Neuchâtel prévoit aussi certaines des exceptions les plus larges, pour les petits emplois et les jobs de vacances des étudiants, que nous détaillons plus bas.
Jura : CHF 21.40
Le minimum jurassien est de CHF 21.40 de l'heure depuis le 1er juillet 2024. Il est donc le même en 2025 et en 2026. Contrairement à celui de Genève, il n'augmente pas tout seul : le gouvernement décide quand l'adapter, comme il l'a fait en 2024 après une hausse des prix de 3,6% depuis la dernière adaptation. Un 13e salaire compte pour atteindre les 21.40, mais l'indemnité de vacances et le paiement du 1er Août doivent s'y ajouter.
Comme Bâle-Ville, le Jura exclut les branches couvertes par une convention collective étendue qui fixe un salaire minimum, ainsi que les entreprises qui ont signé elles-mêmes une telle convention. Le canton ajoute que les contrats-types de la vente au détail, de l'agriculture et de l'économie domestique peuvent fixer d'autres montants. Un contrat-type de travail (CTT, NAV en allemand) est un ensemble de conditions minimales que le gouvernement fixe pour une branche qui n'a pas de convention collective.
Tessin : CHF 20.00 à 20.50, selon le secteur
Le Tessin n'a pas un seul montant. Son minimum correspond à 55% du salaire médian national de chaque secteur, mais jamais moins de CHF 20.00 ni plus de 20.50 de l'heure en 2026. La construction de bâtiments est tout en haut, à 20.50, tandis que l'industrie alimentaire et le travail pour les ménages privés sont à 20.00. La page du canton propose un calculateur par secteur.
La fourchette augmentera chaque année : de 20.50 à 21.00 dès le 1er janvier 2027, de 21.00 à 21.50 en 2028 et de 21.75 à 22.25 en 2029, selon une modification de la loi adoptée en avril 2026. Dès 2030, elle suivra les prix à la consommation, d'après la FAQ du canton. Si vous êtes payé à l'heure, le Tessin ajoute l'indemnité de vacances et 3,60% pour les jours fériés.
C'est ici qu'intervient l'offre de Marta à Lugano. En 2026, la loi tessinoise ne s'applique pas aux emplois couverts par une convention collective étendue, et l'hôtellerie-restauration en a une. Le plancher du restaurant est donc celui de la convention de la branche, pas la fourchette cantonale. Dès 2027, le minimum cantonal l'emporte sur les conventions collectives plus basses, mais celles qui ont été signées avant 2026 ont jusqu'à fin 2029 pour s'aligner.
La ville de Lucerne : CHF 22.75
La ville de Lucerne a son propre salaire minimum depuis le 1er janvier 2026 : CHF 22.75 de l'heure pour le travail effectué sur son territoire. Le 27 septembre 2026, ses électeurs ont rejeté une proposition de le supprimer, par 67,6% contre 32,4%. Les contrôles seront confiés à un organisme externe que la ville n'a pas encore désigné, et une commission du salaire minimum, encore en cours de création, recevra les signalements de salaires qui pourraient être trop bas. D'ici là, la ville renvoie les travailleurs vers le tribunal du travail ou l'autorité de conciliation.
Zurich et Winterthour : un minimum voté, mais pas encore en vigueur
Si vous travaillez à Zurich, il n'y a pas encore de salaire minimum légal. Les électeurs des villes de Zurich et de Winterthour en ont accepté un le 18 juin 2023 : CHF 23.90 de l'heure à Zurich et 23.00 à Winterthour. Le Tribunal administratif du canton a annulé les deux, mais le 12 mai 2026, le Tribunal fédéral a donné raison aux villes.
Aucune des deux villes n'a fixé de date d'entrée en vigueur. Zurich annoncera la sienne au moins six mois à l'avance, et Winterthour prévoit une année de transition une fois sa règle en vigueur. La règle zurichoise exclut les travailleurs de moins de 25 ans qui n'ont pas au moins une attestation fédérale de formation professionnelle, obtenue en deux ans (AFP, EBA en allemand), un point important pour les jeunes qui arrivent en Suisse. Tant qu'il n'y a pas de date, un employeur à Zurich vous doit ce que prévoient votre contrat, une convention collective ou un contrat-type, et rien de plus.
Une convention collective l'emporte-t-elle sur le minimum cantonal ?
Souvent, oui, et c'est ce que la plupart des tableaux de montants oublient. À Bâle-Ville et dans le Jura, et au Tessin en 2026, une convention collective étendue remplace le minimum cantonal même si son taux est plus bas. À Genève et à Neuchâtel, c'est le minimum cantonal qui l'emporte. Dans les deux cas, pour beaucoup d'emplois, c'est la convention qui donne le chiffre qui compte. Voici donc celle qui concerne Marta.
La convention de l'hôtellerie-restauration, la CCNT (convention collective nationale de travail pour les hôtels, restaurants et cafés), couvre les hôtels, les restaurants et les bars de toute la Suisse. Ses salaires minimaux mensuels pour le personnel à plein temps de 18 ans ou plus dépendent de la formation :
| Catégorie | Formation | 2026 | 2027 |
|---|---|---|---|
| Ia | Sans formation professionnelle | CHF 3'713 | CHF 3'735 |
| II | Attestation en deux ans (AFP) | CHF 4'070 | CHF 4'094 |
| IIIa | Certificat fédéral de capacité en trois ans (CFC) | CHF 4'528 | CHF 4'555 |
| IV | Examen professionnel fédéral | CHF 5'293 | CHF 5'325 |
La semaine normale de la CCNT est de 42 heures, ou 43,5 dans les établissements saisonniers et 45 dans les petits établissements. Le personnel a droit à un 13e salaire complet, et le personnel à temps partiel est payé au prorata. Une clause touche les nouveaux venus : pour une personne qui n'a jamais travaillé quatre mois dans un établissement suisse de l'hôtellerie-restauration, le minimum de la catégorie Ia peut être réduit de 8% au plus pendant les 12 premiers mois, si le contrat le prévoit par écrit.
On peut maintenant comparer les deux offres de Marta. À Lugano, son plancher est la catégorie Ia : CHF 3'713 × 13, soit CHF 48'269 par an, ce que le restaurant lui a proposé. Selon notre calcul, cela fait environ CHF 22.10 de l'heure sur une semaine de 42 heures, au-dessus de la fourchette tessinoise. À Lugano, c'est donc la convention, et non le canton, qui fixe son plancher, et c'est le plus élevé des deux. Avec la réduction de départ de 8%, le restaurant pourrait légalement lui verser environ CHF 44'400 la première année. À Genève, le minimum cantonal lui garantit au moins CHF 53'708 par an. Au plancher légal, elle gagne donc environ CHF 5'400 de plus par an à Genève, avant de payer le loyer et les autres frais.
En dehors de Genève, les personnes qui travaillent dans des ménages privés ont leur propre plancher : un contrat-type fédéral qui s'applique à toute personne travaillant au moins cinq heures par semaine pour le même ménage. En 2026, il impose CHF 20.35 de l'heure au personnel non qualifié, 22.30 avec quatre ans d'expérience ou une AFP, et 24.55 avec un CFC. Les mamans de jour et les baby-sitters ne sont pas concernées. Pour les autres branches, le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) tient une liste des conventions collectives étendues avec leurs règles de salaire.
Le salaire minimum, c'est combien par mois ?
Cela dépend de vos heures, et c'est pourquoi les chiffres mensuels qu'on trouve en ligne ne concordent pas. La méthode est partout la même : le minimum horaire multiplié par vos heures hebdomadaires, multiplié par 52, divisé par 12. Genève publie CHF 4'262.27 par mois pour 40 heures par semaine et 4'368.82 pour 41. Bâle-Ville publie 3'847.93, 3'944.27 et 4'040.40 pour 40, 41 et 42 heures. Neuchâtel, le Jura et le Tessin ne publient aucun montant mensuel.
Beaucoup de sites de comparaison donnent environ CHF 4'475 comme minimum mensuel à Genève. Ce chiffre correspond à 24.59 de l'heure sur une semaine de 42 heures. C'est le bon chiffre pour Marta, qui travaille 42 heures, mais ce n'est pas celui du canton, et il est trop élevé pour quelqu'un qui travaille 40 heures.
Un 13e salaire change le montant mensuel, pas le montant annuel. Tous les cantons cités ici le comptent dans le minimum, si bien qu'un salaire mensuel plus bas versé 13 fois peut être légal. Genève, Bâle-Ville et Neuchâtel publient la base qu'ils acceptent en 2026 : CHF 22.70, 20.49 et 19.71 de l'heure, soit le minimum multiplié par 12 et divisé par 13. Bâle-Ville ne compte le 13e salaire que s'il est versé chaque mois, comme l'explique sa FAQ.
Si vous êtes payé à l'heure, l'indemnité de vacances ne fait jamais partie du minimum. Elle s'y ajoute :
- 8,33% si vous avez quatre semaines de vacances par an, le minimum légal dès 20 ans
- 10,64% pour cinq semaines, le minimum légal si vous avez moins de 20 ans
- 0,39% pour le 1er Août à Bâle-Ville, ou 3,60% pour les jours fériés au Tessin
Au Tessin, par exemple, un minimum horaire de CHF 20.50 devient environ 23.00 avec quatre semaines de vacances et les jours fériés, selon le calcul de la FAQ du canton. Sur votre fiche de salaire, l'indemnité de vacances doit figurer sur une ligne à part.
Qui n'a pas droit au salaire minimum
Les exceptions varient plus que les montants. Voici les principaux groupes exclus, et où :
- Apprentis : partout, y compris dans la ville de Lucerne.
- Stagiaires dont le stage fait partie de la formation : Genève, Neuchâtel, le Tessin si le stage mène à un titre reconnu, Bâle-Ville et Lucerne jusqu'à six mois, le Jura pour deux semaines de stage d'orientation ou six mois dans le cadre d'un échange.
- Jeunes : Genève exclut toutes les personnes de moins de 18 ans ; Bâle-Ville et Lucerne excluent les élèves de moins de 18 ans en job de vacances ; le Tessin exclut les moins de 18 ans qui font des travaux légers.
- Étudiants en job de vacances : à Genève, ils touchent 75% du minimum pendant 60 jours par an au plus ; Neuchâtel exclut les étudiants de moins de 25 ans pendant trois mois par an au plus.
- Membres de la famille dans une entreprise familiale : Bâle-Ville, Jura et Tessin.
- Au pair : Neuchâtel, Bâle-Ville, Tessin et Lucerne.
- Personnes en mesure d'insertion professionnelle de l'assurance-chômage, de l'assurance-invalidité ou de l'aide sociale : partout sauf à Genève.
- Très petits emplois : à Neuchâtel, un travail payé CHF 2'500 par an ou moins ; à Bâle-Ville, le travail sur appel jusqu'à 70 heures par an pour le même employeur.
Marta, 26 ans, avec un emploi ordinaire, n'entre dans aucun de ces groupes.
Ce qui va changer
Plusieurs dates sont déjà fixées, et deux décisions restent ouvertes.

Le Valais vote le 29 novembre 2026 sur une initiative populaire pour un minimum de CHF 22 de l'heure, avec 18 pour l'agriculture. Le gouvernement cantonal et le Grand Conseil, par 93 voix contre 33, recommandent de la rejeter. Tant qu'aucune loi n'est en vigueur, le Valais n'a pas de minimum. Dans le canton de Vaud, les électeurs ont inscrit le principe d'un salaire minimum dans la Constitution cantonale en juin 2026, mais ont rejeté les deux textes qui fixaient un montant : rien ne s'y applique donc encore.
Le plus grand changement pourrait venir de Berne. En juin 2026, le Parlement fédéral a adopté une modification de la loi sur l'extension des conventions collectives de travail. Elle prévoit que le salaire minimum d'une convention collective étendue l'emporte sur les règles cantonales. Dans les cantons où le minimum cantonal l'emporte aujourd'hui, surtout Genève et Neuchâtel, les travailleurs de ces branches garderaient le montant cantonal valable le jour de l'entrée en vigueur de la loi, gelé à ce niveau, jusqu'à ce que le minimum de la convention le dépasse. Pour Marta à Genève, cela voudrait dire que son plancher cesserait d'augmenter chaque mois de janvier, jusqu'à ce que la CCNT le rattrape.
La modification n'est pas en vigueur. Les syndicats et les partis de gauche ont déposé plus de 100'000 signatures contre elle le 7 octobre 2026, deux fois les 50'000 nécessaires pour un référendum, a rapporté la RTS. Une fois les signatures validées par la Chancellerie fédérale, la loi sera soumise au peuple lors d'une votation que la SRF prévoit en février ou en juin 2027. Selon la SRF, les minimums des villes, comme celui de Lucerne, seraient aussi touchés.
Et si votre salaire est inférieur au minimum ?
Alors on vous doit la différence, et vous pouvez la réclamer. Commencez par calculer votre vrai taux horaire avec la méthode ci-dessus, en comptant le 13e salaire si vous en recevez un. S'il est trop bas, demandez par écrit à votre employeur de le corriger, dans la langue de votre lieu de travail. Pour Marta à Genève, cela pourrait donner :
Madame, Monsieur,
Mon contrat prévoit un salaire de CHF 4'000 par mois, versé 13 fois par an, pour 42 heures par semaine, soit CHF 21.98 de l'heure. Le salaire minimum genevois pour 2026 est de CHF 24.59 de l'heure, soit CHF 22.70 de salaire de base quand un 13e salaire est versé. Je vous prie de me verser désormais au moins CHF 4'131.40 par mois, ainsi que la différence depuis mon premier jour de travail. Je vous remercie de me répondre d'ici au 15 décembre.
Avec mes salutations distinguées
Si rien ne change, voici les offices qui contrôlent le salaire minimum :
| Où | Qui contrôle | Ce qu'il peut faire |
|---|---|---|
| Genève | L'OCIRT, l'inspection du travail | Contrôler, infliger une amende jusqu'à CHF 30'000, publier le nom de l'employeur |
| Bâle-Ville | L'Arbeitsmarktaufsicht (surveillance du marché du travail) de l'AWA | Contrôler, infliger une amende jusqu'à CHF 30'000 |
| Neuchâtel | L'ORCT, l'office des conditions de travail | Contrôler les employeurs |
| Jura | Le Conseil de prud'hommes, à Porrentruy | Juger votre demande de salaire |
| Tessin | L'inspection du travail | Contrôler, infliger une amende de 160% des salaires impayés, jusqu'à CHF 30'000 |
| Ville de Lucerne | La commission du salaire minimum, en cours de création | Recevoir les signalements ; d'ici là, tribunal du travail ou autorité de conciliation |
Le Tessin a aussi un formulaire en ligne pour signaler un salaire trop bas, et Neuchâtel donne les coordonnées de son office de contrôle sur sa page consacrée aux conditions de travail. Les offices contrôlent les employeurs et leur infligent des amendes, mais c'est à vous de réclamer le salaire manquant, en dernier recours devant un tribunal du travail (à Genève, le Tribunal des prud'hommes) si votre employeur refuse. Deux règles du droit fédéral vous aident. Les créances de salaire se prescrivent par cinq ans : vous pouvez donc les réclamer même après avoir quitté votre emploi. Et une procédure devant le tribunal du travail jusqu'à CHF 30'000 n'entraîne pas de frais judiciaires.
Avant de signer un contrat
Demandez trois choses par écrit : le salaire brut, les heures par semaine et le nombre de salaires versés par an. Avec ces chiffres, vous pouvez vérifier n'importe quelle offre avec les tableaux ci-dessus en deux minutes. Demandez ensuite si une convention collective couvre le poste et dans quelle catégorie vous êtes. Dans l'hôtellerie-restauration, un diplôme étranger peut être reconnu comme équivalent à un certificat suisse, ce qui peut faire passer votre minimum de CHF 3'713 à 4'528 par mois : veillez donc à ce que la catégorie figure dans le contrat.
Marta a répondu à l'hôtel genevois, calculs à l'appui, et a demandé CHF 4'131.40, 13 fois par an, adaptés chaque janvier au minimum genevois. Si vous envisagez de déménager pour un emploi comme le sien, les offres d'emploi dans l'hôtellerie-restauration à Genève sont un bon point de départ pour comparer ce que les employeurs proposent vraiment.
Questions fréquentes
- Le salaire minimum s'applique-t-il aux frontaliers ?
- Oui. Ce qui compte, c'est le lieu où vous travaillez habituellement, pas celui où vous habitez. La loi genevoise couvre toute personne qui travaille habituellement dans le canton, et la loi tessinoise tout travail effectué dans le canton, y compris le personnel temporaire et les travailleurs détachés par des entreprises étrangères. Un frontalier qui vient de France pour travailler à Genève a droit à au moins CHF 24.59 de l'heure en 2026.
- Le salaire minimum est-il brut ou net ?
- Brut. Tous les montants de cet article sont bruts : les cotisations sociales en sont déduites, et l'impôt à la source aussi si vous y êtes soumis. Le montant versé sur votre compte est donc plus bas que le minimum, et c'est légal.
- Peut-on accepter un salaire inférieur au salaire minimum ?
- Non. La loi tessinoise prévoit qu'on ne peut pas renoncer au minimum au détriment du travailleur, et la loi genevoise remplace par le minimum légal un salaire plus bas prévu dans un contrat. Signer un contrat avec un salaire plus bas n'annule pas votre droit à la différence.
- Quel est le salaire minimum dans l'agriculture ?
- Plus bas, là où il existe. Genève fixe CHF 18.07 de l'heure pour l'agriculture et la floriculture en 2026 et 18.17 en 2027, et Neuchâtel 18.15 pour l'agriculture, la viticulture et l'horticulture. La loi tessinoise ne couvre pas du tout les travailleurs agricoles, et l'initiative valaisanne propose 18 francs pour l'agriculture.
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